Qu’est-ce que l’endométriose rectale ou colorectale ?

Susceptible d’être diagnostiqué à tort comme un cancer, l’endométriose rectale ou colorectale est rare chez la femme en âge de procréer. Qu’elle soit bénigne ou maligne, ce type d’endométriose touchant le rectum ou le colon a pour principaux symptômes des douleurs intenses et vives lors de la défécation, avec la présence parfois de sang dans les selles.

La maladie peut causer une infertilité provisoire ou permanente selon son degré de gravité. Aussi, des douleurs pelviennes sont fréquentes et nécessitent des examens approfondis afin de pouvoir être traitées et prises en charges le plutôt possible. Tour d’horizon donc, sur l’endométriose pelvienne profonde avec atteinte rectale ou colorectale, son diagnostic et les traitements thérapeutiques possibles.

Une maladie si particulière

L’endométriose rectale ou colorectale est une forme d’endométriose particulière : les lésions d’endomètre touchent la paroi du colon et du rectum, provoquant au moment des règles, des symptômes caractéristiques comme les troubles digestifs avec des défécations douloureuses et autres saignements au niveau de l’anus. Selon leurs localisations et leur stade d’évolution, les lésions ou nodules révèlent le degré de profondeur et de gravité de ce type d’endométriose pelvienne. Cette maladie digestive, infiltrant plus ou moins la paroi digestive, nécessite un recours à la chirurgie pour être efficacement traitée. Car les lésions sont généralement invalidantes, tout comme leurs spécificités anatomiques imitent le plus souvent celles du cancer dans ces régions atteintes. Les atteintes, au début superficielles, se présentant généralement sous la forme de nodules bleutés ou noirâtres sont constatées lors d’examens cliniques, telles les explorations cœlioscopiques. Au départ, la maladie peut être asymptomatique pour les patientes qui en sont atteintes ; toutefois, sous l’influence de facteurs hormonaux, surtout en période de menstruations, les lésions peuvent évoluer de manière rapide, augmentant leur taille progressivement, jusqu’à infiltrer considérablement la paroi musculaire du tube digestif. Cette réaction inflammatoire fréquente car en partie cyclique cause une fibrose cicatricielle intense, allant jusqu’à former ce que l’on appelle le cul-de-sac de Douglas. Quant au colon sigmoïde, il peut aussi être touché avec l’apparition d’une fibrose circonférentielle conduisant à des sténoses digestives et autres phénomènes occlusifs.

Comment la diagnostiquer à temps ?

La fiabilité du diagnostic comme par la suite l’efficacité de la prise en charge de l’endométriose rectale ou colorectale vont dépendre du degré de profondeur de la maladie. Elle est dite pelvienne profonde lorsque les lésions d’endomètres envahissent le péritoine de plus de 5 mm. Histologiquement prouvées cette atteinte rectale ou colorectale concerne entre 6 et 30 % des endométrioses avec une incidence d’autant plus fiable sur le diagnostic que les lésions pelviennes sont avancées. Toutefois pour traiter efficacement la maladie et éviter des complications graves, il importe de déceler la maladie suffisamment tôt et ceci malgré sa forme de départ quasi-asymptomatique. Dès la survenue de douleurs durant les règles, il s’avère capital pour les patientes qui en sont atteintes d’aller consulter un médecin. Ce dernier réalise, dans un premier temps, un toucher rectal associé à une palpation bi-digitale afin de déceler des nodules ou infiltrations au niveau de la cloison recto-vaginale. De ce premier examen, est évaluée la pertinence une exploration clinique plus approfondie, pour d’une part diagnostiquer une endométriose et d’autre part la distinguer d’un cancer rectal ou colorectal, tant les symptômes de ces deux maladies digestives se confondent. Également, les examens cliniques endoscopiques plus poussés peuvent déterminer le taux d’endométriose diagnostiqué par rapport aux symptômes. L’écho endoscopie endorectale et l’IRM permettent en l’occurrence des examens préopératoires exhaustifs et de référence, en vue non seulement d’affirmer l’endométriose, mais aussi d’en évaluer la gravité en dressant une cartographie précise des lésions. Quant à la coelioscopie, elle est pratiquée pour diagnostiquer des signes d’infertilité, en réalisant un examen lésionnel complet tant digestif que génital. Chez les patientes ainsi traitées, ces examens s’avèrent fort utiles pour dépister toute forme de récidive et réaliser une prise en charge thérapeutique efficace.

Comment la prendre en charge ?

L’endométriose rectale ou colorectale nécessite une prise en charge multidisciplinaire pour tenter de traiter efficacement et durablement l’exérèse des lésions génitales et digestives sans porter atteinte au capital ovarien et éviter ainsi l’infertilité. Il faut savoir également que ce type d’endométriose pelvienne profonde nécessite rarement d’opération chirurgicale. Nonobstant le fait que le geste chirurgical est conseillé dans deux cas particuliers :

  • Lors d’une endométriose symptomatique
  • En cas de doute et de danger avec une lésion néoplastique.

 

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